• Accordéon Adolphe DEPRINCE

         L'histoire de l'accordéon avec le grand virtuose que j'ai connu personnellement Adolphe DEPRINCE

    Voici l'article du journal Libération du 4 Décembre 1995, et merci de lui avoir rendu ce bel hommage .

        Né en 1901 dans le Nord, Adolphe Deprince, pionnier de «l'accordéon-musique», vient de mourir après avoir tout joué, des bals au music-hall, en passant par le cinéma. L'accordéon perd son Deprince .       Par HAZERA Hélène de Libération

       Quand on lui demandait le secret de sa longévité, ses yeux semettaient à pétiller: «J'ai toujours joué assis, jamais debout.» Adolphe Deprince, pionnier de «l'accordéon-musique», vient de mourir à son domicile de Montreuil-sous-Bois à 94 ans .

       Né en 1901, il est élevé à Roubaix où son père tient un café et dirige la clique municipale des accordéonistes . Très tôt, il lui met un accordéon entre les mains, mais l'encourage à prendre aussi des leçons de piano et de solfège.

       Il se lie avec un autre jeune prodige, Victor Marceau, l'ami de toute une vie. Dès les années 20, Deprince est musicien professionnel dans les brasseries: on ne vient pas pour danser mais pour écouter de la musique légère, voire des transcriptions classiques, à choisir sur un programme .

    Accordéon Adolphe DEPRINCE

    A la fin des années 20 ­ Deprince a déjà une belle réputation dans tout le Nord ­ Victor Marceau le fait monter à Paris. Il est l'accordéoniste attitré de Pathé: quand les autres travaillent à l'oreille, «à la feuille», lui peut déchiffrer une partition à vue. Il accompagne les grands interprètes de chez Pathé .

    Sans parler des films: Dans La belle équipe, c'est lui qui joue de l'accordéon lorsque Jean Gabin chante " Quand on s'promène au bord de l'eau ".

    Accordéon Adolphe DEPRINCE

    Deprince s'installe à demeure au Balthazar, une brasserie près de la République. La radio le rend populaire, il signe une floppée de disques. Il distribue gratuitement ses compositions aux orchestres de bal en se payant sur les droits d'auteur. Evoquant les partitions de celui qu'il appelle le «Paganini de l'instrument», Marcel Azzola dit qu'elles sont peu jouées car sous leurs airs légers, elles exigent des doigts aguerris .

    En 1945, c'est Adolphe Deprince qui anime le bal de la Libération, place de l'Hôtel-de-Ville. La France est avide de fête. Avec son orchestre, il va sillonner le pays pour faire danser. Mais en même temps, il continue de défendre «l'accordéon musique» aux côtés de Marceau et d'un autre grand accordéoniste et pédagogue Médard Ferrerro: ils lancent un quatuor ­ les Mousquetaires de l'accordéon ­ qui impose dans les music-hall et en attraction des grands cinémas l'idée que l'accordéon peut être un instrument noble .

    Adolphe Deprince a arrêté les bals au début des années 70. Il continuait de  Accordéon Adolphe DEPRINCE présider les jurys de concours d'accordéon, capable de s'émerveiller des qualités de jeunes recrues, mais aussi de disqualifier le travail bâclé ou le manque de sentiment: «Il faut le dire, le plus important, c'est là», disait-il en se frappant le coeur .

    Avec Deprince, on est loin du folklore de l'instrument, les guinches à marlous, à putes, ou du milieu: acharné au travail, exigeant envers lui-même, ce vrai musicien a toujours été attaché à faire ressortir les qualités musicales de son instrument; un Wiener ou un Auric ne s'y trompaient pas qui le faisaient travailler pour leurs musiques de films .


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